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12. Enfin un peu de cul…ture

Escrivaillon 2

J’arrivai, essouflé, à la gare. Contrairement à mes calculs, il n’avait pas dû passer par des contrôles de sécurité en sortant de l’Eurostar, j’étais clairement en retard. Il m’attendait, la tête penchée sur son téléphone. Quand il m’entendit prononcer son nom, ce sont deux yeux rieurs et d’un bleu turquoise profond qui me trouvèrent. Je le serrai dans mes bras rapidement pour lui montrer que j’étais content de le retrouver, mais ce « hug » à l’américaine semblait le placer directement dans l’amitié.

Nous rentrâmes directement à l’appartement, et Daniel fit la connaissance de Coloc. Ces présentations étaient pratiques car elles permirent de rappeler des détails, partagés il y a plusieurs mois, que j’avais oubliés.

Après avoir travaillé dans les hôptiaux psychiatriques pour développer le bien-être des patients, Daniel avait décidé de partir à l’aventure. 3 années à bourlinguer en sac à dos en Asie et en Australie, où il gagnait sa vie en faisant des massages et en pratiquant la PNL (Programmation Neuro-Linguistique : thérapies bèves pour traiter les crises d’anxiété ou corriger des comportements non souhaités, comme les phobies ou certains troubles), quand il avait besoin d’argent. Lorsque son père fut diagnostiqué d’un cancer, Daniel décida de revenir pour passer les derniers mois avec lui, et pour aider sa mère. Puis, une fois le père parti, il décida de créer son entreprise de coaching et de PNL, son projet d’en ce moment, qui lui permettrait dès qu’il pourrait développer des cours en ligne, de repartir sur les routes de pays sauvages et abandonnés à la nature (comme la région lilloise).

– Qu’allez-vous faire ce soir ? demanda ma coloc.

– Je ne sais pas exactement encore. La tour Eiffel, bien sûr, et puis sûrement se balader… Ah non tiens, j’ai une super idée !

Une heure plus tard, après avoir pris des selfies devant la dame de fer, nous avions monté le Trocadéro et observé les lumières de la ville, entourés de nombreux touristes tous heureux d’être là, puis nous avions redescendu l’avenue du Président Wilson pour aller au Palais de Tokyo.

Je partais en terrain connu pour avoir visité le Palais la semaine précédente et je me souvenais de la plupart des explications données sur les différents cartels. Daniel est le genre de personne enthousiaste à l’idée de découvrir de nouvelles choses, aussi il se montra heureux d’avoir droit à une visite guidée

  • La partie L’ennemi de mon ami de Neïl Beloufa, commissionné par le Palais de Tokyo, est une scénographie intelligente et surprenante mettant en scène les changements d’alliance entre nations au cours de l’histoire à travers des rappels historiques, des documents de propagande, et divers supports (livres, publicités, artefacts…). Malheureusement la partie robotisée, qui donne une grande force au projet, ne fonctionnait pas ce soir là.
  • L’Un et l’Autre de Kader Attia & Jean-Jacques Lebel, présente des transformations d’objets (casque de guerre en mandoline, pennies récupérés pour la bijouterie berbère, …) mais la partie la plus intéressante (et la plus courte) est la dépiction des autres cultures et de l’Autre, ce sauvage, ce barbare, cet être différencié par nos médias. Bien qu’un peu fourre-tout, cette partie pousse à la réflexion.
  • Daimyo par George Henry Longly, est l’extension de l’exposition ayant lieu au musée Guimet. C’est l’occasion de découvrir 8 armures féodales japonaises, superbes de détail, de raffinement et de préservation, dans une scénographie mélangeant musiques pop, changements de lumières et de couleurs environnantes, ainsi qu’un écran géant passant des images sous-marines. Si l’on est content de voir des pièces historiques dans un cadre moins classique qu’une salle silencieuse aux murs blancs ou gris, les justifications et choix scénographiques apparaissent peu pertinents, voire inintéressants.

Mais alors que nous finissions d’observer ces oeuvres, de la musique nous parvint du sous-sol. En effet, une performance avait lieu. Trônant au milieu d’une décoration faite de plantes et de débris de voiture et entourée de films d’accidents et de flammes projetés sur les murs, Régina Demina chantait et récitait, des textes sombres et douloureux au son électro de Manu le Malin. Et les bières étaient gratuites (sans doute le détail le plus important).

J’aurais voulu impressionner Daniel que je n’aurais pas trouver une telle soirée !

Nous discutions et apprenions à nous connaître au rythme des oeuvres, de la musique et des rues de Paris, et vraiment, l’échange était fluide, facile, évident. Mais je ne parvenais à envisager la moindre romance avec lui. Je ne suis pas un homme de quelques jours.

Vint le moment tant redouté du retour à l’appartement. Coloc étant là, je ne pouvais pas dormir sur son canapé.

– Tu seras d’accord si pendant la nuit je te serre dans mes bras pour dormir ? me demanda-t-il en se couchant à ma gauche.

– … Pas de problème….

Je n’avais donné aucun signe de rapprochement et il l’avait visiblement perçu, mais j’étais toujours mal à l’aise… Je m’allongeais, tendu, sur le bord de mon côté de lit et forçai mon esprit à vagabonder pour me détendre. Avec peu d’effet. Je le sentais hésitant. Se tournant dans le lit et ne sachant pas s’il devait se rapprocher de moi.

Puis au bout de vingt minutes, il se décida enfin. Il vint m’envelopper de ses bras…

D’après vous,  que s’est-il alors passé ? La suite très vite ! 😉

  1. « J’aurais voulu impressionne Daniel que je n’aurais pas trouver une telle soirée ! »
    #relecture

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