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14. Les hérissons se cachent le week end sur les bords de Seine

Escrivaillon 1

(Je n’avais pas d’idée pour le titre de ce billet, du coup je me suis posé la question « Qu’est-ce que Katherine Pancol ferait à a place ? »)

Le samedi matin, je ne tenais plus. Je ne trouvais pas normal de me sentir coupable alors qu’il s’était vraiment monté la tête à mon sujet.

Si tu me suis depuis longtemps, tu te rappelles que j’étais parti vivre aux Pays Bas parce que j’avais un crush là-bas. La première chose que je lui avais dite en arrivant à Utrecht, c’était « Apprenons à nous connaître, devenons amis pour commencer et nous verrons bien s’il y a matière pour davantage », pas « ‘j’irai chercher ton âme dans le froid dans les flammes, et il faudra que tu me donnes le double de tes clés, bb ».

Alors au petit déjeuner, j’ai fini par lui dire que j’étais désolé. Désolé parce que j’avais l’impression de ne pas être cette escapade amoureuse qu’il s’était figurée. Désolé parce que du coup, j’avais peur qu’il soit profondément déçu et que ça entache ses premières vacances en presque un an. Désolé parce que j’étais peut-être une déception.

A toi, je vais te le dire. Je n’étais pas si désolé que ça. Je trouvais la situation triste pour lui (et pour moi parce que j’avais mal dormi dans mon sac de couchage sur le canapé)(et parce que je n’avais pas été au sport depuis trois jours et que j’allais perdre mes mini-pectoraux)(j’aimerais leur trouver un nom, je pensais à Point-G et Yéti, parce que je suis persuadé qu’ils existent, mais personne ne les a jamais vus). Présenter mes excuses, aussi, avait pour but de lui faire prendre ses responsabilités. Il ne pouvait pas répondre « c’est pas grave tu sais ».

Il s’est donc expliqué et excusé.

Il n’avait AU-CU-NE attente en venant me voir, me dit-il (« hot romantic date » sur ton facebook, je sais pas ce que c’est), et il s’excusait s’il avait pu, sans faire exprès mettre la pression sur nos retrouvailles. Mais effectivement, le mieux était toujours d’être honnête.

« Tu sais Daniel, je dois t’avouer que je ne savais pas exactement comment appréhender tout cela. Ces derniers mois, tu m’as fait comprendre à plusieurs reprises que j’étais devenu ta motivation pour travailler. Quand tu aurais terminé tel projet, tu viendrais enfin me retrouver. Tu m’as dit textuellement que cela t’aidait à avancer. C’est adorable, et je ne me serais pas vu te rejeter. Tu es quelqu’un d’intelligent et d’intéressant. J’étais sincèrement heureux que tu viennes, et j’ai toujours répondu à tes messages romantiques par des réponses clairement distantes et amicales parce que je ne voulais pas te faire croire à la passion torride ».

Il avait senti cette distance en effet, malgré tout, il avait continué de rêver à la promesse d’un moment tendre.

Il est si facile de fantasmer et d’idéaliser les personnes dont on ne connaît quasiment rien…

Bref, il était heureux malgré tout. Parce que j’étais un guide génial, et qu’il passait un très bon moment. « Moi aussi, j’aurais fini par amorcer cette discussion. C’est bien qu’on l’ai eue » finit-il par me dire.

Le week-end se passa ensuite paisiblement, et un peu moins focalisé sur les musées, parce que malgré son écoute attentive, j’avais fini par remarquer qu’il ne retenait strictement aucune information sur l’art et l’architecture. Parties de billard, Montmartre, séries, voies sur berges en mangeant une glace, le squat artistique 59 Rivoli. Dimanche soir, nous étions fatigués et nos jambes fourbues de tant de marche. Et après trois jours et demi en permanence l’un avec l’autre, nous n’avions plus beaucoup de nouvelles choses à nous dire. Je commençai à attendre avec impatience son départ, lundi soir.

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