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17. Le shaker de protéines

Escrivaillon 0

Je n’avais quasiment pas été distrait par Brad et nos premiers mots enfin échangés. D’accord, j’étais parti sous la douche avec mon téléphone au lieu de mon gel douche, mais bon. Nous n’étions plus des inconnus. Nous nous étions parlés… J’attendai quelques instants à la porte de la salle de sport. La neige retombait à nouveau à gros flocons, et je m’apprêtais à courir vers la station de métro quand Jon Ross vint me tapoter l’épaule.

Je fus surpris de le voir sortir aussi tôt de la salle.

– Tu ne fais pas les cours suivants ? D’habitude, tu enchaînes pourtant toutes les activités, non ?
– J’ai un peu mal au genou, me répondit-il en faisant une grimace, donc je préfère ne pas me blesser. Tu fais quoi, là, du coup ? Tu rentres ?
– Oui, je vais prendre le métro.
– Si tu veux prendre un shaker de protéines, j’habite juste à côté. C’est le top après le sport !

Non. Mais. Hein ? Sérieux ?

Tu vois, quand je me suis décidé à me mettre au sport, je ne pensais pas qu’il s’agissait d’un monde à ce point différent. « Viens chez moi boire un shaker de protéines ».
Là, j’imagine déjà certain·e·s ricaner bêtement et préparer un commentaire du genre « mais alors, tu as accepté et tu lui as vidé le shaker ? »
Fin, très fin…
Mais je crois bien qu’il me proposait cela sans aucune arrière pensée. Il me souriait avec gentillesse, et aucune timidité ni regard aguicheur.

– Euh… Je… ç’eût été avec plaisir, mais  je dois dîner avec ma coloc ce soir. Mais une prochaine fois, peut-être !
– Aucun problème, c’est toujours cool de se faire des nouveaux amis, je trouve, dégaina-t-il avec un killer smile.

Dans le métro, mon cerveau frisait la surchauffe.
Oui, Jon Ross était mignon, et plutôt bien foutu, mais bon… Que dirait Brad ? Ou bien serait-ce là la possibilité de le rendre jaloux ? Non, c’était trop tôt dans notre relation. Et puis ce ne serait pas sympa d’utiliser Jon Ross sans certitude de résultat. Et puis le problème de JR, c’est quand même qu’il semblait passer tout son temps libre à la salle. On allait parler de quoi ? Et puis de toute façon, il disait juste vouloir se faire un ami en plus.

Confus, je loupai ma station et finis de rentrer en marchant sous les flocons qui retombaient en dansant sous la lumière curieuse des lampadaires.

Je ne savais que faire.

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