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18. Le travail, la santé, toussa…

Escrivaillon 1

Je dois avouer que depuis janvier, je me sentais bien. J’avais enfin réussi à travailler suffisamment pour faire une pause et décider de ce que serait ma vie.

Cette pause me faisait le plus grand bien. Finies les heures de nuit, oubliés les transports en commun, bonjour temps libre… Je découvrais le plaisir de cuisiner, de faire le marché, de lire et de suivre l’actualité et les informations (sur Twitter). J’avais arrêté de fumer, j’essayais de penser à hydrater ma peau et je faisais du sport. Franchement, je commençais à me demander qui pouvait être assez fou pour se tuer dans une existence vouée à travailler pour créer la richesse d’autrui tout en consommant toujours plus. Mais cette joie de vivre ne pouvait durer bien longtemps, car l’un de mes anciens employeurs ne m’avait pas remis mes attestations Assedic, et pour cette raison, Paul Emploi finit par me dire qu’ils ne me paieraient pas.

Adieu veau, vache, cochon, couvée… J’allais devoir retrouver du travail du travail et fissa. Je n’allais même pas avoir le temps de trouver un poste intéressant intellectuellement ou financièrement ;  pour finir le mois, il fallait que je commence au plus tôt. J’allais donc reprendre la réception d’hôtel. Mais trouverais-je assez rapidement ?

Je pensai revendre ma place pour le concert de Fever Ray, achetée il y a plusieurs mois, mais le concert n’était pas plein et les places se revendaient à perte sur le net. Un peu à contre-coeur j’y allai donc, entouré, mais sans entrain. La musique électro rythmée de percussions endiablées ne parvenait pas à me faire oublier la difficulté de ma situation, et je broyai du noir tandis sur scène, au milieu de lasers et de fumée, la chanteuse, ses choristes et ses musiciennes composaient une armée de femmes jouant avec les codes. Tantôt dominatrices, tantôt lascives, les femmes sur scène revendiquaient leur multiplicité. La femme pouvait être virile, séductrice, décomplexée, sans limite de genre…

photo du concert de Milan (scéno identique à celle de l’Olympia)

Une fois le concert terminé, je rentrai toujours un peu le moral dans les chaussettes.

Mais ce que tu ne sais pas encore, c’est que je suis du genre plutôt chanceux comme gars. Alors le lendemain, je reçus un coup de fil pour me demander de faire quelque nuits en extra. Bim, direct, me revoilà au boulot.

 

Hier soir, 19h, fut l’heure d’un mini mélodrame. Depuis 2 mois je faisais du sport et je mangeais 6 repas par jour. J’avais pris 8 kilos. Et en bon chômeur, je passais évidemment mes journées en pantalon de survêt’ dégueulasse et extra large. Allais-je encore rentrer dans mes pantalons de ville ???

Rentrant le ventre au maximum et manquant un peu d’oxygène, il était l’heure de courir à mon nouvel hôtel…

  1. Ok donc tu as été voir Fever Ray sans m’en avertir. Tout va bien.

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