Appuyer sur "Entrée" pour passer au contenu

21. Une soirée parisienne comme on en fait tant…

Escrivaillon 1
Escrivaillon
Follow me

Escrivaillon

Parisien, romantique mais célibataire, fêtard mais casanier, alcoolique mais avec modération, intelligent mais pas tant que ça...
Escrivaillon
Follow me

Les derniers articles par Escrivaillon (tout voir)

Les fêtes parisiennes ont changé, depuis quelques années déjà. Assez des boîtes fermées, marre des consos à 15€, ce qu’on veut, c’est de l’espace, du plein air, et de la liberté d’expression. Samedi soir, c’était donc la Karnasouk, organisée par le collectif Souk Machines à Vitry sur Seine, au Kilowatt.

Au milieu d’un parc, plusieurs chapiteaux avec des DJ et des groupes live, des bains chauds en plein air, une demie mongolfière avec à l’intérieur du ballon des chaises de cinéma et des projections, des hamacs… Voici l’espace proposé pour la fête qui commençait samedi à 18h pour s’achever à 14h le lendemain.


 La seule vraie difficulté est d’allier l’esthétique au pratique pour alterner entre les salles etouffantes de chaleur et la nuit glacée. J’avais donc passé une bonne heure chez moi à essayer plusieurs combinaisons avant d’opter pour un pantalon treillis (avec plein de poche) et une veste sans manche en fausse fourrure verte et sertie de strass mutlticolores. Le bon goût, c’est surfait. Quelques paillettes sur la gueule et j’étais prêt à rejoindre mes potes pour une soirée qui s’annonçait agréable.

Sauf que…

Après mon premier tour de repérage, et sur le chemin du bar qui me servirait ma première pinte, je vs passer devant moi #L’élève.

Je ne vais pas trop digresser parce qu’il y aurait de quoi écrire plusieurs billets dessus. Il y a quelques années, j’étais professeur stagiaire et les élèves m’appréciaient (j’étais swag, comme on disait à l’époque, avec mes jeans déchirés, mes chaussettes fluo et mes activités pédagogiques incroyables (une fois, j’ai mimé les Totally Spies, on jouait au Time’s Up)). Et à la fin de l’année, j’avais accepté les élèves qui m’avaient ajouté sur Facebook.
En septembre, B., qui à présent avait 23 ans, me proposa d’aller boire des bières puisque j’étais de retour en France. Pour la version très courte, nous bûmes 8 pintes, et nous nous sommes fréquentés jusque fin novembre. La différence d’âge et de maturité (malgré son intelligence) me paraissait insurmontable et plutôt que d’attendre une grosse dispute qui y serait liée, je l’avais quitté en lui disant que cela ne fonctionnerait pas, même si la relation se passait sans accroches.

Avait-il donc décidé de me suivre là ce soir ? J’avais partagé l’évènement sur les réseaux sociaux, cette explication n’était pas à exclure.

– L’élève est là ! Je m’étais tourné vers ma meilleure amie qui me regardait sans comprendre.
– Quel élève ? Mais de quoi tu parles ?
– Mais si, l’élève.
– Ah, l’élève !!!!
– Oui l’élève…
– C’est dingue !
– Ouais…
– Montre, il est où ?
– Il est passé juste là
– Ohlala, tu crois qu’il te stalke ?
– Ptêt…
(pour un souci d’authenticité, j’ai voulu retranscrire ce dialogue mot pour mot. Au final, ça rend pas grand chose… Fuck la vérité)

– Ohlala, tu crois qu’il est venu ici parce qu’il savait que tu y serais ?
– J’en ai bien l’impression. Il est toujours fourré sur les social networks et ça fait 3 semaines que j’ai indiqué que je viendrais. Ce n’est sans doute pas une coïncidence.
– Bon, il va falloir que tu me le montres ! Il est comment ?
– Il porte un pull rouge.
(pour des soucis d’anonymat, les couleurs de pull sont susceptibles d’avoir été changées pour cette histoire)

La demie heure suivante vit ma meilleure amie pointer vers tous les gens qui passaient « lui, c’est lui, il a un pantalon rouge ! », « ah donc c’est lui, tu m’as dit qu’il avait une montre rouge ! ».
(pour un souci de vérité, je tiens à dire qu’elle était complètement sobre)

Bien que grand, l’espace n’était pas non plus immense, et vers 22h30, je le retrouvai dans mon champ de vision. L’appeller ou l’ignorer ?
Il était dans un périmètre proche depuis quelques minutes quand il passa à quelques mètres à peine.
– B. !!!!
Il se retourna, un air un peu confus, et vit enfin d’où venait la voix qui l’appelait.
– Mais que fais-tu là ? Toi le parisien qui déteste la banlieue ! Et puis c’est quoi cette fourrure moche et ces paillettes ??? On dirait que tu participes à Ru Paul’s Drag Race !
– Tu plaisantes ? Je t’avais pourtant dit que je sortais souvent dans ce genre de soirées… (j’ai rien dit pour ma fourrure, mais j’étais vexé)

Il avait bien bu déjà. Il me raconta la validation de son Master et son premier CDI. Il m’expliqua aussi qu’il comptait emménager sous peu à Paris. Qu’il pensait un peu à moi encore parfois pour telle ou telle raison. Après 30 minutes à papoter, mes potes (qui discutaient avec une autre connaissance pendant ce temps la) décidèrent de bouger et je laissai B.

– Alors, t’en penses quoi ? demandai-je à Laure
– Il est quand même très roux…

La soirée continua de chapieau en chapiteau, d’électro à musique africaine, de percus ensoleillées à techno plus indus, ce n’était que retrouvailles, embrassades, accolades, sourires, rires, danse, et toujours un peu plus d’alcool.

(Pour un souci de ne pas trop t’ennuyer avec un billet trop trop long, je vais synthétiser le reste de la soirée en mode avance rapide)

  • Je me suis fait tripoter les pectoraux par 3 personnes qui voulaient vérifier si effectivement, je faisais bien du sport sérieusement
  • Je me suis fait draguer par un petit mignon de 26 ans qui voulait à tout prix mettre sa langue dans ma bouche (mais il était pas trop mon style)(mais je l’ai un peu laissé faire)(sans l’encourager non plus, je suis pas un garçon facile)(je lui ai donné mon facebook, parce que je dois trouver de la chair fraîche pour ce blog)
  • Y avait un relou qui voulait draguer mes potes filles, donc j’ai voulu faire écran. Il m’a dit qu’il était bi et m’a roulé un galot… Je lui ai dit « mouais, ça va, pas mal, mais bon… », alors il m’a ré-embrassé quelques fois pour me montrer qu’il était mieux que pas mal, et puis il est parti.
  • J’ai revu un garçon que j’ai vu plusieurs fois en 2 ans et qui danse et est beau comme un dieu. Je n’ai pas osé aller lui parler.
  • J’ai retrouvé une fille de 25 ans que j’ai rencontrée à une autre soirée il y a un plus d’un an. Je l’adore.
  • Elle m’a fait un massage de la tête et de la nuque au rythme de la musique, c’était génial.
  • On a passé presque les 8 heures suivantes à se tenir la main.
  • J’ai pensé à l’embrasser plusieurs fois.
  • Je suis parti à midi et demie, sans avoir revu l’élève depuis 23h. J’étais content qu’il n’y ait pas eu de comportement bourré que l’on aurait l’un ou l’autre regretté.
  • J’avais trop le swag à Auchan, en achetant du jambon sur le chemin du retour, toujours le visage pailleté de verre, et les yeux fatigués de n’avoir pas dormi depuis si longtemps…
crédit photo : Luc de la photographie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.