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Une soirée avec Chris

Amandine Van de Kerk 0
Amandine Van de Kerk

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Maman exilée aux Pays-Bas
Amandine Van de Kerk

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Il est 18h et je suis à Amsterdam Centraal, la gare. Comme tous les mardis, j’attends Chris en face du quai où accostent les ferries. Toutes les sept minutes, un bateau chargé de piétons, de vélos et de scooters part vers Buiksloterweg, tandis qu’un autre déverse un flot équivalent. Il pleut, et je suis un peu trempée d’avoir attaché mon vélo dans le parking non couvert. Je pense à ce que je vais avoir à raconter à mon pote.
Niveau mixité, j’aurais pu mieux faire. Il s’agit encore d’un Hollandais blond aux yeux clairs, grand et très mince. J’ai à peine le temps de lui faire les trois bises qu’il me dit :
– Bon, on va se réchauffer au proeflokaal ?
Zeker weten ! Carrément !

Chacun avec son parapluie, nous descendons donc le Damrak, l’avenue principale en face de la gare, en évitant les vitrines contre lesquelles s’agglutinent les touristes. Il me raconte son boulot. Arrivés au Dam, la place du Palais, on traverse  vers le Grand Hotel Krasnapolsky, et on prend la petite ruelle à gauche. Un peu plus loin dans le passage étroit se trouve l’une des plus vieilles distilleries d’Amsterdam, Wynand-Fockink, la façade indique « depuis 1679 ». La spécialité, c’est le genièvre, une eau de vie, mais pour l’apéro, avec Chris, on aime bien prendre une petite liqueur arrangée. Le bar, minuscule est surpeuplé, et cela nous prend bien 10 minutes pour enfin accéder au comptoir. Comme d’habitude, il prend la liqueur nommée « Vergeet mij Niet » (ne m’oublie pas). Je rigole en commandant pour moi un « Hoe Langer Hoe Liever » (plus c’est long, plus c’est bon). Les alcools, servis jusqu’à ras bord dans des petits verres tulipes nous forcent, c’est la tradition, à nous pencher au dessus du verre pour aspirer la première petite gorgée et ensuite prendre le verre sans rien renverser.

– Bon, et ton mari, alors, ça va mieux son dos ? me demande-t-il alors que nous essayons de nous trouver un recoin qui ne soit pas dans le passage.
– Oui, oui, ça va, lui dis-je, un peu énervée. Il peut rester debout ou assis. Pas pour des périodes trop longues, mais ça va mieux.
– Pourquoi tu dis ça sur ce ton ?
– Bah, parce que pour sortir les poubelles, passer un coup de balai, il ne peut pas, c’est trop fatigant, il a trop mal, mais par contre, tous les soirs, il a aucun problème à aller chez ses potes et à jouer aux cartes Magic jusqu’à pas d’heure.
– Hahaha, c’est vraiment un geek… Et niveau boulot ?
– Pour l’instant il est toujours en arrêt, mais il n’aura plus d’indemnités dans quelques mois, donc s’il ne peut pas reprendre le travail, il devra chercher autre chose.
– J’espère que ça ira.
– Oui moi aussi… Tiens au fait, tu regardes Suits ?
– Non, c’est quoi ?
– C’est une série avec des avocats, et tu vois l’actrice qui va épouser Harry au Royaume-Uni ? Et bien elle joue dedans… En fait, c’est excellent, parce que mon collègue Roman est fan et du coup on se bidonne souvent quand on en parle. En gros, le héros, Harvey Specter, est un mec super charismatique, à qui tout réussit, et qui a toujours plein de catchphrases sur la réussite. Du coup, pour me faire marrer, Roman aime bien sortir ces phrases au détour d’une conversation. Genre il m’explique qu’il a du mal à faire signer un prospect, et il ajoute « The only time success comes before work is in the dictionary » en imitant le personnage, pour me faire comprendre qu’il va retourner à la charge pour les faire signer.

Pendant que je lui raconte la série, nous avons commencé à bouger et à nous rendre dans un restaurant japonais au bout de la rue. Le serveur qui a l’habitude de nous voir venir régulièrement nous place et nous tend le menu. Je lui demande deux Asahi le temps que nous choisissions.

– Tu m’en parles à chaque fois de ton collègue Roman. Il est mignon ? Tu as une photo ?
– Mais non !!! Tu te fais des films !!! C’est juste parce qu’on bosse constamment ensemble, forcément on devient super proche ! Mais je rigole beaucoup avec Aïcha aussi. Je t’ai pas raconté, mais ce matin, elle est arrivée la gueule en vrac, elle avait toujours pas dessaoulé du week end. Il y avait une grosse soirée gay et lesbienne au Paradiso. Tu y étais pas ?
– Non, j’étais dans ma famille pour Pâques. Mais donc, Roman, je veux voir une photo !
– Okay, okay…

Je sors mon téléphone et lui tend. C’est une selfie de Roman qui fait une petite grimace. Je le préviens :
– Il est pas super en valeur sur cette photo, il me l’a envoyée par skype pour me faire rire. On parlait d’un client qui nous appelle sans arrêt pour se plaindre…
– Donc il te drague…
– Le client ? (je tente…)
– Bah non, Roman !
– Mais nooooon, tu déliiiiires !!! De toute façon, même s’il m’avait plu, je suis mariée, hein ! C’est pas mon genre. Tu me connais !
– Oui, enfin bon, ton mari est quand même bien relou et vous ne vous parlez que pour vous engueuler… Ca fait combien de temps que vous n’avez rien fait ?
-…

Je profite de l’arrivée des ramen fumantes pour changer de sujet. On parle des chocolats et de la « cérémonie » de la Passion qui a été célébrée à Bijlmer (banlieue sud d’Amsterdam) jeudi dernier et retransmise à la télé. Ils en ont fait tout un foin à la télé et dans les journaux.

2018-03-29 20:26:36 AMSTERDAM – De processie met het witte kruis door de straten van De Bijlmer in Amsterdam Zuid-Oost tijdens de achtste editie van The Passion van de Evangelische Omroep (EO). Aan de hand van bekende Nederlandstalige popnummers vertelt The Passion het verhaal van het lijden, sterven en de opstanding van Jezus. ANP KIPPA OLAF KRAAK

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