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« Ils vécurent heureux » ?

Amandine Van de Kerk 0
Amandine Van de Kerk

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Maman exilée aux Pays-Bas
Amandine Van de Kerk

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Nous nous sommes encore disputés avec Menno, hier soir.
Tous les jours ou presque, c’est la même chose. Il attend que je rentre le soir, il grignotte vite fait, et immédiatement, il prend son manteau, la voiture et part chez ses potes jusqu’à pas d’heure. Lancerait-il une machine ? Sortirait-il les poubelles ? Ferait-il la vaisselle ? Rien.
J’ai beau partir à 7h de la maison et revenir à 19h, je dois en plus m’occuper de toutes les tâches ménagères.
Alors hier j’ai gueulé. Je lui ai dit que j’en avais marre, d’être la bonniche pendant que lui passe ses journées devant des séries et ses nuits à jouer aux cartes. Il a crié aussi, m’a dit que j’étais toujours agressive, que je le faisais chier et il est parti en claquant la porte.

Je suis restée dans la cuisine, sans un mot, sans bouger, figée pendant plusieurs minutes. C’était donc ça le « happily ever after » ?
Bastian était en train découter des comptines dans sa chambre. J’ai été le chercher. Et puis on s’est mis dans le lit, le mien, et je lui ai raconté une histoire le temps qu’il s’endorme. Depuis plusieurs mois, c’est avec lui que je dors. Quand Menno rentre, il va dans la chambre d’enfant et dors dans le lit de son fils. Ca me fait chier, ça m’attriste, ça me serre le coeur… J’ai pas signé pour ça.

Chris me dit depuis plusieurs semaine de le planter, de le foutre dehors. Mais je ne peux pas. Il irait où, sans argent ? Chez sa mère, chez sa soeur, chez sa grand-mère ? Et ma belle-famille, comment leur expliquer ? Je passerais pour la méchante, pour la salope. Moi, je n’ai pas de famille ici, je n’ai pas envie d’être clouée au pilori par ce clan, d’autant qu’ils font partie de la vie de mon fils. Je lui ai dit à Chris, quand on a un enfant, on ne peut pas quitter l’autre comme ça. Et puis au fond, je dois bien le dire, c’est peut-être con, mais pour moi le mariage c’est important, il faut se battre pour.

J’en ai marre de pleurer, d’être faible. Chris a beau me dire que ce n’est pas le cas, que je suis forte, quand je me réveille au matin et que mon mari dort dans la chambre à côté, je ne me trouve pas forte du tout. J’ai l’impression d’avoir tout rater. J’ai peur d’aller passer une semaine chez mes parents cet été. Peur qu’ils se rendent compte que mon mariage ne tient qu’à un fil, eux qui additionnent plus de 40 ans de vie commune.

Ce matin, alors que je me préparais à la hâte, Menno est descendu, il ne dormait pas.
– Tu as raison, me dit-il, je vais faire plus d’efforts, je veux qu’on soit une équipe, comme avant.

J’avais les yeux rouges dans la voiture. J’ai envie d’y croire, mais…

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