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36. Enfants : deuxième jour

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Parisien, romantique mais célibataire, fêtard mais casanier, alcoolique mais avec modération, intelligent mais pas tant que ça...
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En me réveillant dimanche, le dos toujours en vrac à cause du matelas « à mémoire de forme », j’étais décidé. J’allais amadouer ces petits monstres et pouvoir écrire sur mon blog que je suis quelqu’un d’extraordinaire. Mais je n’allais pas obtenir cela en étant consensuel, non, mesdames et messieurs, j’allais prendre des risques !

Et bien les enfants, c’est un peu comme une MST : prendre des risques, c’est complètement stupide.

Déjà, ils avaient un peu tiré la tronche devant ma délicieuse tarte aux épinards, et ma cocotte courgettes-aubergines (« moi j’aime pas la croûte », « j’aime pas les aubergines ») que j’avais préparés pour le déjeuner. Mais je savais comment rattraper la journée : je leur proposai l’exposition sur les Enfers et les fantômes asiatiques au musée du Quai Branly !

Noah fut le premier à exprimer son enthousiasme (« noooon, pas un musée ! »), tandis que je demandai à Olivia si ça ne lui ferait pas trop peur (« bah non, j’ai dix ans, je sais bien que les fantômes ça existe pas….pffff »). Je n’allais pas négocier mon programme, évidemment ! En tant qu’adulte, je devais montrer qui était en charge. Alors je promis qu’on irait à la piscine après, ce à quoi Noah me répondit « pfff, ok, bon, d’accord pour le musée… ».
Une fois le déjeuner terminai, je les envoyai dans leurs chambres pour préparer un sac avec les maillots, les bonnets, du change, une serviette…
Cinq minutes plus tard, ils étaient… Pas prêts, mais devant leurs écrans, ils n’avaient rien préparé. Je leur rappelai leur mission et partis faire mon sac.
Cinq minutes plus tard, ils étaient… encore devant leur écran…
Finalement, au bout de quinze minutes à rester collé à eux, nous fûmes prêts à partir.

Après une heure de transport, nous étions devant le musée.

J’avais voulu les éloigner des écrans, cela ne fut pas un succès complet, l’exposition regorgeant d’extraits de films.
En effet, si l’exposition expliquait les origines et les représentations de l’Enfer dans le bouddhisme en Chine et au Japon dans la première partie (comme par exemple le côté très bureaucrate des dix niveaux des enfers), elle mettait aussi très en avant la façon dont ces représentations s’étaient développées dans les traditions, et l’art de plusieurs pays asiatiques. Nous étions donc en train de marcher entre des statues de gens empalés et dégoulinant de sang, des vidéos de fantômes mutilant leurs victimes et des manuscrits sur lesquels les gens étaient en train de bouillir ou à qui l’on faisait avaler du métal bouillant.
Si Noah s’éclatait parmi tout cela et mes explications complémentaires, Olivia avait perdu des couleurs au fur et à mesure des salles.
– Mais tu m’avais dit que ça irait, que tu n’as pas peur des fantômes !
– Oui, mais ça fait vraiment peur…
Les salles suivantes, je gardai Olivia contre moi, lui indiquant quelles parties ne pas regarder et je lui racontai à la place les mythes de ces yuurei qui tourmentaient jusqu’à la folie les gens qui les avaient bafoués, mais qui ne s’attaquaient bien sûr jamais aux innocents, parce que les gens gentils et bons n’ont évidemment jamais de problèmes avec les esprits, les malédictions, et tutti quanti… Seulement les gens très très mauvais se faisaient attaquer et tuer par ces fantômes.

Vraiment je ne m’étais pas attendu à ce que cette exposition soit à ce point réussie en matière de mise en scène ! Heureusement, à la piscine, Olivia rangerait toutes ces images terrifiantes dans un coin de sa tête et ne serait pas traumatisée.

Sur le chemin séparant le musée de la piscine Keller, je compris deux leçons capitales sur la parentalité :
– Les enfants c’est lent. Une petite marche de 25 minutes se transforme en expédition d’une heure parce que « j’ai envie de faire pipi », « j’ai soif », « c’est quand qu’on arrive » et qu’il est bien connu que traîner des pieds en boudant va miraculeusement faire arriver à destination plus rapidement.
– pour les garder de bonne humeur, il suffit de continuellement leur mettre de la nourriture dans la bouche. Au moindre début de râlerie, en sortant un paquet de chips on obtient des résultats incroyables. Ca ne permet pas d’aller plus vite, mais ça permet d’avancer sereinement. Mais c’est pas super healthy, et je doute que sortir des branches de céleri du sac à dos produise le même effet.

Enfin nous étions rendus à la piscine. Ils allaient pouvoir faire des longueurs.
Oh wait…
J’ai grandi seul, du coup, je ne savais pas que la piscine, ça ne se passerait pas ainsi. J’abandonnai très vite de nager pour me poser sur le côté à entretenir mon futur cancer de la peau, tout en conservant un regard inquiet sur les adelphes qui jouaient à se couler, ou à nager l’un à cheval sur l’autre tout en rouspétant parce que « heeeey, tu m’as fait mal, tiens, prends ça ! ». En gros j’avais tellement peur d’un incident sans que je fasse gaffe que je ne pus profiter d’absolument rien. C’est presque avec joie que je retrouvai la sécurité du RER nous ramenant en banlieue. Jamais je n’aurais imaginé un jour écrire cette phrase.

Mais ils avaient passé une super journée et étaient contents. Et c’était le principal.

Par contre, je reçus un texto de Jon Ross pendant le retour.
« J’aimerais bien te parler d’un truc. On s’entraîne quand ensemble ? »
Je lui expliquai que je ne savais pas combien de temps je serais de garde d’enfants, ce à quoi il ne répondit rien…

 

Questions subsidiaires :

  • Est-ce que je dois avoir peur que la maman me les laisse toute ma vie et que je devienne un Mr Drummond jeune et sexy mais sans argent ?
  • Quelles idées de jeux et d’activités avec des enfants ? J’ai pas mon BAFA, moi…
  • Est-ce que je peux laisser les enfants quelques heures pour aller au Body Poump et voir Brad, cette semaine ?

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