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40. Débauche à Amsterdam : Troisième jour

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Parisien, romantique mais célibataire, fêtard mais casanier, alcoolique mais avec modération, intelligent mais pas tant que ça...
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Parfois, j’envie les gens qui ont l’air toujours bien sur les photos. Ce n’est pas mon cas. Passez-moi en 2D, et je ressemble à un brouillon raté de Hey Arnold! Ce n’est pas trop grave. En général, les rencontres et les intéractios se font dans la vraie vie, donc je ne m’en sors pas trop mal.
Lorsque que le photographe d’une soirée s’approche de moi, j’ai presque envie de dire « non, non, n’essayez même pas ». Mais je suis rarement seul, et les gens semblent toujours excités à l’idée de voir leur photo publiée sur Facebook pour pouvoir se tagguer et montrer à quel point leur vie est fantastique ! Alors je tente des poses. J’ai bien compris que le sourire n’est pas mon ami, mes fossettes aplatissent mon visage, et j’ai une tendance à lever le menton, si bien que les passionnés de spéléo ont envie d’explorer mon nez. J’ai aussi tendance à plisser les yeux, alors autant vous dire que tout cumulé, je suis le premier à vouloir me cropper out !

Alors pour la soirée Bear Necessity à laquelle Zane m’avait invité, lorsque le photographe est venu prendre une photo de notre groupe, je n’étais pas encore trop saoûl, donc j’ai tenté de faire la pose resting bitch face de Victoria Beckham. Laissez-moi vous dire que le résultat faisait plutôt « Tatie Odette a le mal de mer ».
Je n’aime pas les photos.

Bref, le samedi fut douloureux.
Je m’étais couché tard (vers midi), et lorsque je me réveillai vers 17 heures, j’avais déjà reçu plusieurs textos. Zane me demandait à quelle heure on se retrouvait pour la soirée Bear, Marcus ; l’Allemand rencontré le jeudi soir dans un bar louche m’avait renvoyé un texto et Erik, un pote, me demandait si on aurait le temps de se voir pendant mon court séjour.
Toute cette agitation me rasa, alors je partis faire un tour à Albert Hijn, le supermarché, pour acheter de quoi manger un peu. A mon retour à l’appartement, Mitch s’était levé et fumait un pétard sur le canapé. Pourquoi fumer de la weed au réveil ? Je ne comprendrai jamais !
– 
Alors, tu vas à la Bear Necessity ce soir, me demanda-t-il
– Bof, ça me ferait pas de mal de me reposer… Faut que je réponde à Zane à ce propos.
– Profite, va, c’est pas souvent que tu es à Amsterdam, et moi je bosse ce soir !
– Ouais, mais bon, les bears, c’est pas trop trop mon univers…

Quand Zane m’appela quinze minutes plus tard, il m’expliqua qu’il avait trouvé un moyen de me mettre sur liste et je n’avais pas intérêt à me défiler !
A 19 heures, il était donc l’heure de l’apéro, et à 23 heures, nous étions au club Panama, à l’est du centre ville.
La piste de danse n’était pas encore très remplie, mais était suffisamment sombre pour permettre aux gens timides de se lancer rapidement. Autour de moi, la plupart des convives étaient des mâles rebondis, d’une quarantaine ou cinquantaine d’années, avec des harnais. Ce n’était que poils et barbes et cuir se saluant et entrechoquant les bières pour trinquer. Il ne fallut pas plus de deux minutes à Zane pour qu’il m’encourage à retirer mon t-shirt, mais non, peut-être plus tard, pour le moment il ne faisait pas si chaud.
Marcus me renvoya un texto, je lui avais dit que j’allais à cette soirée.
– Tu sais, j’habite à côté, donc si jamais tu ne trouves pas on genre ou que tu t’ennuies, fais signe, et je viendrai te secourir.
– Merci Marcus, mais je suis juste là pour m’amuser avec mes potes, je ne suis pas là pour « faire des rencontres ».
C’est que les soirées gays à Amsterdam ne sont pas juste faites pour danser. Au dessus de la piste de danse, un long balcon filant faisait office de back room pour ceux qui voulaient s’amuser différemment.

La salle s’était remplie et les lasers et la fumée laissaient voir les visages souriants, ou déchirés, ou qui s’embrassaient goulûment. C’est alors que j’ai repéré un jeune homme qui me regardait depuis un moment. D’ailleurs, je l’avais aperçu au bar de Mitch, deux soirs auparavant, et il m’avait aussi fixé. Pas très grand, brun, la peau très mate dont on ne sait si elle vient du moyen orient ou du bassin indien, il portait un gilet et des chaps au-dessus d’un slip le tout visiblement en cuir, ou simili.
L’idée me fit rire. Je n’avais jamais eu d’attirance pour ce genre de choses. Au contraire, j’imaginais cela surtout inconfortable et me demandais depuis longtemps si cela faisait le même son désagréable que des baskets neuves sur du lino. couic… couic… Trop pas glamour.
Mais Rubens se fraya un chemin jusque moi.
– Je t’ai déjà vu l’autre soir, me dit-il.
Comme j’avais bu, forcément, je ne marquai pas d’opposition au fait qu’il m’embrassât. Je me demandais même quelles blagues ferait Zane quand il verrait ça (il s’avère que Zane était en train de tomber amoureux d’un gros Australien, alors il ne m’a pas vu emballer Mr Leather).
Quand même, j’étais bien slutty du bisou… C’était comme si Brad n’avait jamais existé. Et j’avais déjà oublié mes voeux de fidélité éternelle auprès d’Antoni, rencontré la veille…
Une bière de plus me fit oublier que j’avais des principes…
Mais ce ne fut pas si efficace que ça…
En fait, j’en avais un peu marre…
Le son était pas si top, et la salle commençait déjà à se vider. Il n’était que trois heures du matin, et les gens partaient, car il y avait une autre grosse teuf le lendemain : Rapido (C’est Amsterdam : on se fait chier pendant 3 mois et boum, 4 grosses soirées le même week end).
Je pris congé de Rubens, qui me dit qu’il retournait quelques jours plus tard à Stuttgart et qu’il aimerait qu’on reste en contact, ainsi que du reste de mon groupe de potes, et je m’élançai d’un pas assuré loin de ce lieu de débauche.

 

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