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Les conséquences du baiser

Amandine Van de Kerk 0
Amandine Van de Kerk

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Maman exilée aux Pays-Bas
Amandine Van de Kerk

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C’est amusant de lire ce qu’Escrivaillon raconte de son séjour à Amsterdam pour le Jour du Roi. Cela fait des années que je ne vais plus me bourrer la gueule en m’habillant en orange. Surtout depuis que je suis maman.
Déjà, ce que vous ne savez probablement pas, c’est que les Néerlandais adorent faire des économies et ne pas trop dépenser d’argent. Aussi, ils aiment bien revendre ce qu’ils peuvent plutôt que de jeter. Le jour du roi, la ville devient donc une brocante géante. A partir d’une semaine plus tôt, les gens commencent à mettre du gros scotch sur les trottoirs en marquant leur prénom ou « BEZET » (occupé) pour réserver leur espace. Enfin le jour du roi, dès 6 heures du matin, la ville devient un vide-grenier géant ! Les habitants, équipés de chaises et de tables de camping revendent tout. Vêtements, jeux, ustensiles de cuisine, tout de revend, et tout se marchande. Mais le centre-ville, entre les scènes de musique, les gens ivres et les espace de vente libre devient vite assez effrayant quand on a un tout petit. Alors pour les familles, on se rend en général à Vondelpark, le parc à côté de Leidseplein et du casino. Là, on ne peut pas réserver les espaces. Il y a donc foule dès l’ouverture du parc à 9 heures pour investir les lieux. C’est alors la plus grande foire au jeux, cartes pokemon et livres pour enfants… Et les enfants les plus téméraires font de la musique ou vendent des boissons ou organisent des activités ludiques contre quelques euros.
Comme Bastian n’est pas très grand encore, ce petit bonhomme, nous avons passé la matinée devant la télé. Le roi, Willem Alexander, et le reste de la famille royale étaient en visite à Groningen, où de nombreuses activités et présentations montraient les différentes facettes de la ville. Ville sportive, ville étudiante, ville scientifique… Bastian regardait d’un air distrait tout en faisant un puzzle d’une dizaine de pièces. A côté de moi, Menno discutait avec sa famille sur son téléphone pour savoir à quelle heure nous nous retrouverions. Bon, c’est pas super intéressant, mais j’avais quand même envie de donner un autre point de vue sur la fête nationale ici.

On pourrait croire que tout est rentré dans l’ordre et que ma vie est calme, mais depuis que mon collègue Roman m’a embrassé, je ne suis que tempête intérieure. Je me suis surprise tellement de fois à repenser à ce baiser et à chaque fois je me sens coupable. Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? Je n’ai jamais trompé aucun de mes ex, et là on parle de mon mariage ! Je ne veux pas être une de ces femmes qui brisent leur promesse. Ce n’est pas moi.
Du coup, c’est un peu bizarre l’ambiance au travail, ces deux dernières semaines. Je sens bien qu’il essaye de renouer le contact, et de me parler comme si de rien n’était, mais je n’y arrive pas. J’ai encore du mal à me concentrer. Je suis devenue super froide avec lui, je ne veux plus lui parler que professionnellement. Même Carine, ma chef m’a demandé si tout allait bien. J’ai l’impression de ne plus avoir de patience, je suis sans arrêt en train de m’énerver pour un rien, et je ne sais pas comment faire.

Chris m’a dit que je devais accepter d’avoir des désirs ou des sentiments, mais ça me mène à quoi tout ça ? Non, je comprends ce qu’il me dit mais je ne peux pas me permettre d’avoir des sentiments pour Roman. J’ai l’impression d’être sacrément embourbée. Je perds patience avec mon mari aussi. Tout ce qu’il dit ou fait m’énerve au plus haut point.

Cette semaine quand Roman est venu au bureau, il a tenté de me parler à plusieurs reprises. Il m’a suivie quand je suis montée à la machine à café pour commencer, puis il s’est assis à côté de moi à mon bureau pour parler de différents hôtels. J’ai parlé plus rapidement que d’habitude, et en mois de dix minutes il n’avait plus rien à ma dire, alors j’ai dit à Aïcha de venir s’installer à sa place pour qu’on puisse parler de ses clients aussi. Plusieurs fois, il m’a suivie du regard, semblant attendre un geste, un regard qui l’encouragerait, pour que nous puissions nous isoler ne serait-ce que quelques instants. Mais j’étais sr le qui-vive. Je ne veux pas qu’il m’embrasse à nouveau. J’ai l’impression de n’avoir jamais été aussi tendue. Mais je vais tenir. Après plusieurs jours à arrêter toute familiarité, il va comprendre qu’on va juste être collègues, et tout va redevenir comme avant.

Il m’a envoyé un texto aussi hier soir. Mais j’ai préféré ne pas répondre.

« J’espère que tu vas bien, j’ai remarqué que tu m’évites, et je suis désolé si je t’ai causé du tort. Je comprends que tu préfères que nous ayons seulement une relation de travail, mais ça m’ennuie d’avoir perdue une amie ».

Je ne sais pas quoi lui répondre, de toute façon. J’ai bien essayé plusieurs formules dans ma tête en cherchant le sommeil, mais à chaque fois, j’ai l’impression de trahir une affection que j’aurais pour lui. Alors j’attends avant de trouver les bons mots. J’espère qu’ils vont venir parce que pour le moment, j’ai juste l’impression d’être complètement parasitée par Roman. Je ne peux pas cuisiner, conduire, ni travailler sans penser à lui et à ce moment volé dans la salle de réunion.
J’espère que ça va vite passer. C’est beaucoup trop déstabilisant…

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