Appuyer sur "Entrée" pour passer au contenu

44. Réconciliations

Escrivaillon 2
Escrivaillon
Follow me

Escrivaillon

Parisien, romantique mais célibataire, fêtard mais casanier, alcoolique mais avec modération, intelligent mais pas tant que ça...
Escrivaillon
Follow me

Les derniers articles par Escrivaillon (tout voir)

D’un côté, j’avais le numéro de téléphone de Brad à présent enregistré dans mon téléphone, et même si je ne savais pas trop quel usage en faire, je vivais sur un petit nuage… Je m’étais endormi le sourire aux lèvres en imaginant tous les messages stupides que je pouvais lui envoyer.
Allait-on passer des heures, le soir, à s’envoyer des messages ? Ou bien était-il du genre à téléphoner pour raconter sa journée quand on ne pourrait pas se voir ? Et si je faisais un jeu de piste pour que l’on se retrouve dans un endroit hyper romantique comme le Burger King de Saint Lazare, au son du piano joué par un débile qui se la raconterait en live-stream sur Insta ? Hahaha, j’étais bête ! me disais-je en me roulant dans mon lit en serrant mon oreiller dans mes bras… (Lectrice, lecteur, je sais que tu ne prendras pas ce paragraphe complètement au pied de la lettre, il est évident que j’en rajoute bien sûr, je ne suis pas comme ça)(j’ai un traversin, c’est encore plus pratique qu’un oreiller).

Alors ce numéro, c’était ce qu’il y avait de plus beau, et toucher les ailes des oiseaux, aimer, c’est ce qu’il y a d’plus beau… Et c’est dans cet esprit là que je partis passer deux jours en baie de Somme. Si le soleil était voilé de nuages et d’un vent frais, Je n’étais que sourires et émerveillement devant les bateaux se baladant entre les bancs de sable, les phoques, et l’histoire du départ de Guillaume le Conquérant vers le royaume d’Angleterre en 1066. Abbeville, Le Crotoy, Saint-Valery-sur-Somme, ce n’était que clochers et petites maisons en briques  rouges qui m’occupaient suffisamment l’esprit pour ne pas avoir envie de contacter Brad sous un prétexte bidon. J’allais résister et ne pas passer pour un fanboy. Ce n’était pas comme si j’étais obsédé par lui, ah ça non ! Hahaha, genre on peut pas écrire trois fois par semaine sur quelqu’un pendant plus de trois mois sans passer pour un mec chelou maintenant ?
Bref…
Les deux jours passèrent vite, et dans le train qui me ramenait à Paris, je finis par me rappeler qu’avec Jon Ross, on ne s’était plus parlé depuis quelques jours, à cause de cette hyène de Veronica. Et cela m’embêtait un peu d’être en mauvais termes avec lui. Il m’avait bien coaché, il m’avait consacré du temps, il était toujours sympa… C’était vraiment dommage de s’engueuler à propos d’une conne. Depuis une semaine, j’attendais qu’il fasse le premier pas, mais cela ne venait pas (bon, en vrai je ne pensais plus trop trop à Jon Ross). Mais clairement, j’avais oublié qu’il m’avait énervé également, et je n’avais plus de raison de l’éviter, ou de le bouder. Alors que le train fonçait et se rapprochait de Paris, je lui envoyai un message et fus content, vu sa réponse rapide, de voir qu’il avait aussi envie de faire la paix.

Le lendemain nous nous retrouvâmes devant l’accueil de la salle de sport, où Laura feuilletait un magazine et nous salua avec joie. Elle s’adressa à JR en lui disant qu’elle avait été surprise de ne pas le voir pendant quelques jours. Des vacances ? Non ? Ah beaucoup de travail… Oui, elle comprenait !

Les premières minutes en tête à tête furent un peu pataudes. Je ne savais pas comment aborder le problème et il semblait être dans la même position. Pour meubler, il me fit donc le programme du jour, on allait bosser le dos et tel et tel exercice !
Je fus le premier à sauter :
– Tu sais JR, je suis désolé qu’on se soit pris la tête de cette façon.
– Non, tu sais Escri, c’est moi qui dois m’excuser. Tu sais, pendant de nombreuses années, les gens se sont servi de ma gentillesse et m’ont pris pour un idiot. Ce n’est pas ton cas ! Ce n’est pas ce que je dis ! Mais c’est juste que parfois je m’emporte facilement. On m’a tellement rabaissé tu sais… C’est pour cela qu’il y a plusieurs années, je me suis mis au sport.
Il parlait à voix basse, et avec émotion. J’étais soudain plein d’empathie pour lui. Je le laissai continuer.
– J’en avais marre qu’on me fasse des sourires et qu’on me traite comme une sous-merde. Je voulais impressionner les gens. Et ça a plutôt bien marché ! Mais donc voilà pourquoi, parfois, je m’énerve d’un coup. Même si je sais que c’est inutile, j’arrive pas à gérer et j’ai besoin que ça retombe. Mais ça n’avait rien contre toi.

Je ne savais pas quoi répondre. J’étais honoré qu’il se confie ainsi. On a tous tellement tendance à cacher quand ça ne va pas !
Alors je le remerciai. Je lui expliquai que je comprenais tout à fait. Ca paraissait logique comme réaction, mais il pouvait être rassuré. Je n’avais aucune envie de le prendre pour un idiot, au contraire.
Alors je lui expliquai pourquoi je m’étais emporté suite à ce que j’avais entendu de la conversation de Veronica.
– Elle était en train de parler d’une meuf qu’elle trouvait grosse, et qu’elle détestait les obèses, qu’ils la dégoûtaient. Je trouve ça triste : déjà parce qu’elle est gaulée, ce n’est pas une raison pour rejeter les personnes qui n’ont pas une bonne constitution ou le temps de faire plusieurs heures de sport par semaine, ensuite parce qu’elle ne sait pas qui peut l’entendre parler à la salle.
Je fis une pause, ne sachant pas trop si je devais continuer ou pas… Finalement, je pris une inspiration et décidai d’aller plus loin dans les confessions intimes.
– Puisqu’on est en mode racontage de vie, quand j’étais ado, j’étais obèse, et j’ai beaucoup souffert du regard des autres. Et j’ai toujours l’impression d’être inadapté physiquement, donc ce qu’elle a dit, je l’ai pris comme une insulte un peu…

Purée, on se serait cru dans un épisode de Dawson tellement on parlait de nos ressentis et de nos passés, c’était à vomir de mièvrerie.
Malgré tout, c’était cool de sentir qu’on pouvait faire confiance à l’autre et ainsi parler sans avoir peur du jugement de l’autre.
– Franchement, JR, je suis content qu’on soit potes !
Il rit et me laissa pour aller boire.

Ok, que celui qui n’a jamais friendzoné quelqu’un me jette la première pierre. Mais visiblement, il ne l’avait pas mal pris. Je n’avais pas surpris d’expression de surprise ou de déception. Et puis il était temps de mettre cette barrière. Après tout, ça avançait avec Brad, et puis cela faisais deux fois d’affilée que JR se montrait un peu prompt à l’énervement.

Bref… pas grand chose d’autre à raconter. En revenant il me proposa d’aller prendre des verres pendant le week end.

 

Questions subsidiaires :

  • Pour la photo de notre faire-part de mariage, vaut-il mieux « Brad et moi, riant sur une balançoire », « Brad et moi allongés dans un champs de fleurs », ou « Brad et moi reprenant une oeuvre célèbre, genre le baiser de l’Hôtel de Ville de Doisneau », ou « Jack et Rose à l’avant du bateau » ?
  • Je sais pas si ça vaut le coup ces questions, vous m’avez pas du tout aidé pour trouver des idées et contacter Brad… Je vous en veux un peu…
  1. 1. Pas d’oeuvre célèbre plz, donc plutôt les fleurs.
    2. J’étais en retard de lecture. Est-ce que l’horaire de ce cours est fixe ? Est-ce que vous pouvez en faire un autre ? Est-ce que tu peux lui proposer en avance d’aller boire un verre / manger après le prochain cours ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.