Appuyer sur "Entrée" pour passer au contenu

51. Brad sue, Brad saoul ? (#2)

Escrivaillon 3
Escrivaillon
Follow me

Escrivaillon

Parisien, romantique mais célibataire, fêtard mais casanier, alcoolique mais avec modération, intelligent mais pas tant que ça...
Escrivaillon
Follow me

Les derniers articles par Escrivaillon (tout voir)

Je suis un peu ennuyé à ce stade de la narration parce que j’ai la flemme de te raconter l’histoire avec Franck. En fait, je comptais la garder pour plus tard parce que c’est ce qui avait été à l’origine de mes vacances mouvementées et romanesques en Thaïlande. Certains ont déjà lu cet autre blog où j’avais raconté comment un « ex » m’avait rejoint là-bas sur un coup de tête. J’ai pour projet de le réécrire un peu mieux.
Quand j’étais rentré en europe, j’avais voulu poursuivre mon journal intime, mais le fait que mes amis puissent à la fois être lecteurs et se retrouver dans mes mots était devenu gênant. C’est pour cela que j’ai créé escrivaillon.fr et que je n’ai pas communiqué le lien sur facebook. Au moins, cela me permet de tout raconter sans avoir à me soucier de « Est-ce que quelqu’un va en parler à Franck ? ».

Tout ce que je vais dire pour le moment, c’est que j’avais rencontré Franck à une teuf le 30 septembre 2015, il me semble, et en cherchant #alterpaname sur twitter tu pourras trouver une photo de lui et moi qu’un inconnu avait prise ce soir là. 

Maintenant que cet avant-propos est terminé, je vous propose de remettre la lumière sur Brad et ce petit bar de la butte Montmartre, les acteurs sont toujours en place, nous sommes vendredi soir, et il pleut à torrent dans la ville au ciel sombre.

Une fois le choc absorbé, la curiosité fut trop forte, j’avais besoin de savoir :
– Mais du coup, Brad, tu les connais bien Alexis et Franck ? Parce que j’ai pas eu de nouvelles depuis un moment…
– Je les connais pas tant que ça… Alexis avait un bar à champagne à côté de mon ancien appart, donc on avait sympathisé à l’époque et je suis allé à leur bar à Parmentier trois, quatre fois peut-être quand ils l’ont ouvert… Mais plus de nouvelles non plus. Et toi ?
– Oh, euh… Rencontrés en soirée…
Pourquoi je ne lui avais pas dit la vérité ? Peut-être parce que pour ce premier verre, je ne voulais pas forcément que ça fasse ambiance « rencard » à parler des exs et des passés sentimentaux. Après tout, je ne connaissais rien de Brad, à part qu’il était beau, qu’il parlait anglais et qu’il avait vécu un an à New York…
Même si j’avais trouvé la révélation un peu inconfortable, il faut avouer néanmoins qu’elle avait eu un impact positif. Aucun temps mort, la conversation passa sur les soirées, les nuits parisiennes, la musique… La conversation glissa comme dans du lube, nous avions pas mal en commun…
– Mais tu as été à telle soirée ?
– Non j’ai été à la soirée du mois suivant, celle sur le thème végétal au Trabendo !
– Ah oui, c’était trop galère avec les chiottes dans les escaliers, c’était galère pour se déplacer…
– Par contre j’en peux plus des paillettes, j’en retrouve toujours sur le visage pendant plusieurs jours après, parce que je m’écroule sur le lit, j’en mets plein les oreillers, et les jours suivants, mes collègues me font « Hey Brad, t’as des paillettes dans les cheveux ! »
– Hahaha pareil ici… Je crois qu’ils se demandent à quoi ressemblent mes « soirées » !
*Pour rappel, j’aime les soirées hors des boîtes, dans les parcs et friches urbaines, en proche banlieue, où les habitués font des efforts d’originalité en portant des manteaux en nounours, en se déguisant, ou en portant des fringues absolument immettables, juste pour profiter de cette espace de créativité et de liberté*
J’avais oublié un moment toutes mes inquiétudes et mes peurs de ne pas paraître assez bien. Jusqu’à la fameuse question :
– Et alors Escri, tu fais quoi dans la vie ?
LOL. Même moi je ne sais pas. Je papillonne, je me laisse dériver dans l’attente d’un signe du destin… Mais j’essayai de présenter les choses différemment.
– Hmm… En ce moment je travaille la nuit dans les hôtels. Comme il y a plus d’offres que de demandes, je fais des remplacements, sans passer par des agence d’intérim. Ca me permet de choisir mes dates, mon planning et les hôtels avec qui je travaille. C’est un peu précaire, mais si je veux travailler 10 nuits d’affilée et ne pas travailler le reste du mois, en gros, je peux. Du coup, ajoutai-je, ça me permet de réguler le rythme des soirées, parce que ça coûte une blinde. J’accepte de travailler certains week end pour ne pas être tenté de sortir et de tout claquer en alcool, comme ce que je faisais quand je bossais du lundi au vendredi.
– Tu ne voudrais pas bosser en fixe ?
– Bof, j’ai passé quelques entretiens, mais je ne gagnerais pas plus, et j’aurais plus de contraintes… Donc pour l’instant, je me gère…
Il me demanda ce que je faisais la nuit, ce que je regardais comme séries, comme films…

Mais parlons de lui, plutôt.
Brad travaille dans une grosse boîte où il est dans l’équipe marketing pour une gamme de produits. Il a des collègues sympas, mais ça le lourde un peu parfois. Il a 32 ans, et son père était muté régulièrement quand il était enfant. C’est pour cela qu’il se sent souvent un peu déconnecté des gens.
« Quand j’ai compris vers mes12 ans que j’allais de toute façon perdre les amis que je me ferais, je me suis un peu renfermé. J’ai eu une période où je jouais à Starcraft et Counter Strike, j’étais complètement geek… Et puis mon père est parti à la retraite et on est revenu en France. J’ai passé mon bac ici, ça a été un peu dur de me réadapter… »
Assis sur nos mange-debout, un pot de tapenade et de petites tranches de pain entre nos verres, nous avions commencé à nous raconter nos enfances. Il y avait pas mal de similitudes, même si au moment où j’écris ces lignes je me rends compte que finalement, c’est sûrement une sorte d’effet Barnum, c’est assez normal pendant son adolescence de se sentir différent et de chercher sa place…
Parmi les autres informations qui pourraient vous intéresser, son frère et lui ne sont pas proches. Son frère, 4 ans plus âgé, était une terreur à l’école, et donc il avait été envoyé chez leur oncle, à Orléans pour avoir plus de structure. Cela avait créé pas mal d’incompréhension entre Brad et lui qui s’étaient reprochés mutuellement pendant un temps d’avoir une vie plus agréable que l’autre.
Aussi, Brad aime beaucoup les séries dramatiques genre Six Feet Under mais je lui fait la gueule quand il a maintenu que Lost était un peu pourri (divorce !), et il m’a regardé un peu bizarrement quand je lui ai dit que Pokemon, c’était quand même super cool.

Nous parlâmes aussi beaucoup de voyages et de langues. Grâce à son passé à l’étranger, il me fascina un peu. » En plus du français, de l’anglais et de l’espagnol, je me débrouille un peu en chinois, mais c’est vraiment pas grand chose, hein ! ».
J’étais de plus en plus sous le charme… Comme je n’aime pas me mettre trop en avant je lui ai juste dit que je parlais anglais.
– Oui, j’ai entendu ça, où est-ce que tu as chopé ton accent ? Il est phénoménal pour un français !
– Je… C’est à cause de Doctor Who, j’aimais tellement pas l’accent britannique que je l’imitais pour m’en moquer, et… it stuck… Je l’ai perdu à Amsterdam. Maintenant j’ai plus un accent international teinté de britannique.
– Jamais regardé Doctor Who… fit-il en haussant un peu les épaules.
(je savais que j’aurais dû dire Downton Abbey, j’aurais fait plus intello…)
Malgré tout, cette conversation était amicale et je n’avais pas ressenti d’atmosphère de drague, donc je restai le plus neutre possible, évitant les faux compliments charmeurs, ou les moues mignonnes. Malgré les gens qui parlaient fort autour de nous, l’ambiance à notre table était calme et posée.
Enfin il regarda sa montre. Il était minuit passé. Qu’allions nous faire. Les métros continuaient jusqu’à 1h30, pas vrai ? Je proposai un dernier verre.
Il réfléchit un court instant puis m’expliqua qu’il était plus raisonnable de rentrer maintenant. Il n’aimait pas trop boire et essayait d’avoir un rythme plutôt sain.
« Oui, c’est une bonne mentalité, j’essaie de faire pareil » concluai-je, réfléchissant à toutes ces soirées où j’étais rentré au lever du jour, complètement ivre et m’endormant dans les transports.
Nous payâmes.
Malgré une certaine connivence qui s’était créée, il n’y avait toujours pas de flamme qui semblait allumée.
Quand nous arrivâmes au métro, je lui expliquai que j’allais rentrer en bus, l’arrêt était juste à côté. Nous nous fîmes la bise, et quand il eut disparu en bas des marches, je décidai de rentrer à pied à la maison, la pluie ayant cessé de tomber.

Dans les rues humides et vides, mon cerveau se posait tout un tas de questions. Mais une seule revenait sans cesse.
Que conclure de cette soirée ?
Amis ?

  1. Charles Charles

    Que conclure de cette soirée?
    Amis?

    Avant tout, je tiens à dire que c’est mon avis, que je donne que connaissant ce qu’il s’est passé à travers les mots de ce blog.

    Je ne pense pas aus Brad t’es mis dans la catégorie “ami” et c’est fini. Fin de le histoire. On remballe tout. Éteignez les lumières et fermez à double tour. Merci.

    Non, un homme qui accepte de te voir un vendredi soir, dans un lieu qui semble plus que sympa, c’est bon signe. Mon opinion est qu’un ami t’aurait gentilment demander d’aller faire un Hippotamus après le sport.

    Et comme tu l’as dit “qu’il se sent […] déconnecté des gens”. Peut être Brad a besoin de temps, d’avoir des propres “dates” pour te découvrir avant d’aller plus loin. How crazy it may sound, il existe encore des gens biens qui ont besoin de temps, aiment apprendre à connaître avant de faire quelque chose. Et non, le coup d’un soir “oui c’est bon, on a bu un verre maintenant retourne toi que je te nettoie le système digestif”.

    Enfin, tu ne parles pas ton enfance comme il l’a fait juste à un ami. Mais à quelqu’un à qui tu as envie de parler, de te dévoiler un peu. De montrer le vrai “toi”.

    Donne le temps au Temps, et surtout à Brad.

    • Escrivaillon Escrivaillon

      Ah ben ça fait plaisir quelqu’un qui prend le temps d’écrire une réaction ! Merci !
      En fait, je n’attendais pas forcément que l’on finisse chez lui ou chez moi dès la fin du premier verre (d’abord le mariage), mais c’est juste que j’ai souvent du mal à savoir si les gens sont intéressés en face ou pas. C’est pas gênant dans le sens où je suis sûrement meilleur ami que petit copain, mais j’ai eu plusieurs personnes qui m’ont reproché après plusieurs sorties de ne pas avoir capté qu’elles espéraient plus.
      D’autant que j’ai l’habitude que les gens s’ouvrent et se confient très facilement à moi (j’inspire confiance, il semble), donc ce n’est pas quelque chose que j’analyse comme nécessairement « une étape pour plus que de l’amitié ».
      Enfin on verra bien…
      Encore merci pour ton avis !

  2. Je suis d’accord avec Charles. Du coup je ne vais pas développer plus !

    (5e paragraphe : « fascina »)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.