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12 – En attendant le départ : La soirée d’adieux (1/2)

Escrivaillon 1

J’étais saoûl, mais heureux. Pourtant, la soirée avait mal commencé. Nicole, la copine de mon frère s’était sentie mal et j’étais venu en boîte sans elle ni mon frère. J’avais acheté les trois billets pour la soirée, et j’avais promis à ma pote Alice de venir alors après avoir patienté ppendant 40 minutes à leur hôtel, j’avais fini par les laisser. Et puis en entrant dans le Marktkantine, j’étais tombé aussitôt sur Diego, mon employé mignon sur lequel j’avais crushé lors de son entretien d’embauche, même s’il était hétéro (personne n’est parfait…). Il était content de me voir, et super déchiré. Passé le hug des retrouvailles, il me tendit une moitié de taz.  » Tiens c’est pour toi ! ».

Alice arriva. Elle ne le reconnut pas. Elle m’entraîna rapidement vers ses ami.e.s. Je les trouvai un peu prétentieux et pas très ouvert. Puis finalement un message de Zane, mon meilleur ami. Il n’avait pas pu aller à la Démence en Belgique à cause d’un problème avec Flixbus, alors il s’était rempli le pif de coke et cherchait une soirée.

– Mais c’est pas une soirée gay, tu sais. Même si c’est gay-friendly, bien sûr (Zane ne sortait que dans les établissements ou soirées gay).

Au final, Zane, une de ses potes, mon frère et Nicole arrivèrent dans un mouchoir de poche, et j’étais heureux de passer la nuit avec toutes ces personnes, qui ne se connaisaient au final pas, ou pas vraiment. Ces personnes qui comptaient pour moi.

Dans la grande salle, la Deep-House se faisait lascive, sensuelle et envoûtante, surtout au milieu de toutes les personnes qui étaient maquillées pour le thème Dia de los Muertos, et celles qui portaient des tenues chatoyantes, ou des LED sur leurs chapeaux, manteaux ou autour de leurs cous.

– C’est normal, m’avait expliqué Alice. Les soirées Wild As Moon, c’est co-organisé par le collectif Gardens of Babylon. Ils sont un peu dans la même mouvance que Burning Man pour le côté bienveillance et expression par l’art et les costumes. Genre, la soirée commence à 21 heures pour un atelier méditation machin-truc, mais bon, moi ça m’endort. C’est pour ça que je t’ai dit de pas venir avant 23 heures.

Afin de vraiment convaincre ls gens de jouer le jeu, il y avait effectivement deux tables de massage dans un coin de la salle, deux-trois artistes de maquillage, et un stand de vente de vêtements bigarrés et à paillettes, un peu comme dans certains festivals.

Alors j’étais heureux au milieu de tout cela, et je souriais en dansant. Et comme dans tout festival ou soirée, parfois, tu croises le regard de quelqu’un, alors tu dégaines un smile et tu fais un fist-bump, ou tu hoches la tête, ou tu trinques, parce que vous êtes deux inconnu.e.s, mais vous partagez le même moment, et ça c’est chouette…

Et puis mon regard resta un peu appuyé sur celui qui venait juste de sourire. Il avait un très beau sourire. Brun, des yeux rieurs, la veste à moitié sur ses épaules, il semblait chercher quelqu’un. Bah. Il était hétéro. Alors je hochai la tête puis me retournai vers mon frère et sa copine. Ce dernier aussi, pour un fois, était content de sa soirée. Ce music-nazi détestait habituellement tous les endroits où je l’entraînais pourtant. Mais peut-être que le problème c’était que je pouvais m’éclater aussi bien sur de la techno, de la house, ou même dans un pub passant de la merde, alors que lui non. C’était Deep House pas commerciale ou il boudait et demandait à rentrer après un longue quinzaine de minutes. Mais après quelues minutes, ce garçon vraiment mignn réapparut dans on champ de vision, par la gauche cette fois. Quels beaux traits il avait, vraiment… Soupir intérieur… Sourire, et levage de bière de sympathie…

C’est la troisième fois qu’il apparut, quelques minutes plus tard, que je commençai à me poser des questions sur ses intentions. Mais non, je me faisais des films. Il était bien trop craquant, et puis de toute façon, j’étais abstinent, et en plus je partais dix jours plus tard, alors une romance, non mer…

– Hey salut, me dit-il en se penchant à mon oreille.

Parfois je suis content d’avoir mon teint, parce qu’on ne voit pas que je rougis comme une collégienne. Et zut, j’étais en train de fondre…

– Dis, il poursuivit, tu pourrais me rendre un immense service ? Je n’arrive pas à joindre mes potes et je n’ai pas de forfait néerlandais. Tu pourrais peut-être me créer un hotspot ?

Hahaha, ok, je compris mieux les sourires. J’étais tellement sot. Après ces 18 mois aux Pays Bas, pourtant, je me trouvais moche et je ne faisais plus aucun effort pour me mettre en avant. Comment avais-je pu croire que… Je lui créai le hotspot, évidemment. Juste une minute, ça me suffit, c’est vraiment trop gentil ! Mais non, ne t’inquiète pas, je vais le laisser une bonne vingtaine de minutes au cas où !

Alors il envoya son message et je me remis à danser, mais il ne me laissa pas tranquille. Il se repencha contre mon visage.

– Vraiment trop sympa, je t’ai demandé parce que tu as l’air d’un mec cool.

– Oui, c’est normal de dépanner.

– Tu t’appelles comment ? Moi c’est Hussein, je viens de Barhein.

La tête penchée pour mieux l’entendre, je regardais ses lèvres légèrement charnues, et ces barbe courte si régulière, si parfaite… Ah… Hussein… Au final c’était surement juste de la politesse de sa part, mais je répondais à toutes ses questions sans résister. Et puis, alors que le son de la musique rendait difficile la compréhension, je crus entendre un truc du genre « C’est quand même bien de rencontrer des gens ailleurs que sur Grindr, dans la vraie vie… »

J’eus un mouvement de surprise. Je remarquai enfin la façon dont il me regardait, les yeux sincères et un sourire qui me donnait envie de fondre…

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